Il fait presque mars. Il fait presque pluie et il fait presque chaud. J'ai des ampoules aux pieds à cause de mes nouvelles Converse que j'ai prises une taille en dessous parce qu'il n'y avait plus la mienne et que c'était ce modèle que je voulais et pas un autre. Converse est un détail, je précise.
Et puis Merde. J'ai tout le boulevard Poissonnière à me taper, autant que Jason Mraz chantonne et que Howie Day fasse glisser mes semelles sur les longs trottoirs lisses du boulevard. Je fais la zouave devant Starbucks. Tu rigoles ou quoi?
Je me dis que dans trois passants j'oserai faire un tour sur moi même. Et puis hop je le fais tout de suite. De toute façon je rentre toute seule. Pas que je me plaigne, non. Rentrer toute seule is great. Rentrer toute seule c'est cool, surtout quand la bruine lubrifie les trottoirs et que j'ai des écouteurs à peine pour moi même (écouteur droit, je te hais).
Je compte le nombre de fois ou le bout blanc luisant de mon caoutchouc de chaussure apparait devant mes yeux embrumés. J'essaye de faire coïncider ce chiffre avec la ligne de basse de ce PUTAIN de morceau qui tamponne mes tympans.
Je me dit que seul un livre peut caser des mots sur cette ligne fameuse de basse.
Pas que je soit une joueuse de basse émérite. Juste j'entends tim tam boum et c'est mignon et c'est sourd, et c'est entêtant, et on a du mal à le chanter sans se planter mais en même ce refrain de seconde zone reste imprimé dans l'arrière salle de mon crâne.
J'aime.