UNDER THE S. : Ajouté le 9.3.2008 à 03:03 PM
Je me souviens des nuits à rallonge où le froid nous glacait les doigts. Des nos disputes de gamins et de nos fringues en vrac. Toutes les conneries et les sous entendus que ces idiots attendaient, les trucs qu'on voulait pas dire, tout sauf la preuve criante de tes lèvres touchant les miennes. Et tout comme les saisons s'achèvent, l'air frais a balayé ton caillou de coeur à perpet'. Tu étais si condescendant, et j'ai rempli un sac de fringue, et il est temps de se barrer. Fermes la bouche pour garder ce son. Fermes les yeux pour garder cette image. Tout ce que j'ai dit était aussi vrai que les phares aveuglants de ma voiture. Et j'ai perdu le fil quand je disais tout ça, tu as pris le coche et nous a guidé jusqu'à l'arrière, et bientôt on se reveilla et je te ramenai chez toi, et c'était plûtot évident que c'était vraiment de l'amour. Et tout comme les saisons s'achèvent, l'air frais a balayé ton caillou de coeur à perpet'. Tu étais si condescendant, comme l'alcool qui assèche les journées. Et c'est tout ce qu'il reste, des bouteilles vides pleines de mégots, alors remplis un sac de fringue parce qu'il est temps de passer à autre chose.

Mais il m'envoie des mots tristes tout le long de mon road trip. Pour marquer l'anniversaire des personnes que nous étions. Et c'est comme si y'avait un truc trop loin pour mes yeux, comme si j'avais son image en permanence dans mon rétro. C'est pour ça que je me barre tout le temps. Fin de la cavale. Ses mots tristes comme les rêves qu'on oublie à moitié. Il est le Putain de caillou dans ma chaussure quand je marche dans les rues. Le Putain de goût de sel quand j'embrasse. Il sait que je planque le tatouage d'une promesse non tenue sous ma manche. Il sait que je l'imagine au loin dans une certaine chemise à chaque fois que je me retourne. Il m'envoie ça alors que j'essaye de me souvenir. Il sait pourquoi je garde toute cette rage dans le tiroir de ma table de nuit. Il flotte au dessus de mes épaules. Elle a raison tu sais, je ferais mieux de me balader la tête en l'air avec un coeur en miette, certes, mais conne et aveugle, plutôt que de continuer à dormir avec tous ces trucs sous mon oreiller. Il m'envoie ça, pour me rappeler au bon souvenir de ma connerie monumentale. Pour pas que j'oublie que je serais toujours coupable ou que les taches partiront jamais. Et ça a pris pas mal de vodka avant de l'oublier. Et j'égratine mon coeur un peu plus chaque nuit. Et je crève un peu plus à chacun de ses mots.
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